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Une certaine justice
Venetia Aldridge, une brillante avocate londonienne à la forte personnalité, est retrouvée assassinée dans son prestigieux bureau des Chambers. Quelques jours plus tôt, sa fille unique, Octavia, lui avait annoncé sa ferme intention d'épouser le meurtrier présumé qu'elle venait tout juste de faire acquitter (quoique fermement convaincue au fond d'elle-même, de sa culpabilité). L'incontournable commissaire Adam Dalgliesh, aidé de son inséparable assistante Kate, aura fort à faire pour dénouer les fils de cette intrigue montée de façon magistrale. Une intrigue où les suspects sont tout aussi nombreux et puissants que les ennemis de Venetia Aldridge, tant au sein de son entourage professionnel que parmi ses proches. Avec son sens aigu de la précision et son approche psychologique, tous deux devenus pour elle, une véritable marque de commerce, P.D. James nous propose dans «Une certaine justice», une analyse approfondie des mécanismes judiciaires, de leurs limites et de leurs incohérences. Il est vrai que Phyllis Dorothy James connait bien les rouages du système judiciaire et policier britannique, puisqu'elle a longtemps travaillé pour le ministère de l'Intérieur et a notamment été directrice d'un laboratoire médico-légal de la police criminelle. Une fois encore, P. D. James nous présente une fine analyse sociale où se mêlent tout à la fois, la psychologie, l'humour, la perversité et l'ineffable classe britannique dont elle sait user avec un rare doigté. Chaque mot, chaque virgule a, avec elle, son importance dans l'immense et diabolique puzzle qu'elle construit sous nos yeux. Elle distille au fil des pages (plus de 400, ici) des doses infinitésimales de suspense, d'abjection, sans jamais la moindre once de vulgarité à laquelle souvent se laissent aller trop de producteurs de polars à la chaîne... P. D. James nous concocte à chaque fois, avec le raffinement digne d'une vraie lady, un mélange subtil tout en finesse qui redore à chaque nouveau roman qu'elle nous offre, le blason trop souvent ébrêché du roman policier. Il est vrai que P. D. James n'est pas une «reine du crime», selon la formule consacrée, pas plus qu'un auteur de polars... Elle est un écrivain tout court et c'est en cette appellation épurée de tout artifice ou qualificatif inutile qu'elle trouve le véritable respect et la reconnaissance qui lui sont dus. «Une certaine justice»... un grand millésime à déguster et à conserver dans votre bibliothèque.
Une certaine justice
© Alexandra S. Holstein |