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Avec 48, James Herbert, auteur de romans d’horreur très populaires en Angleterre, nous projette non pas dans un futur éloigné mais plutôt dans un passé proche.

La deuxième guerre mondiale touche à sa fin. La défaite allemande proche est inévitable. Hitler, dans un dernier geste de folie meurtrière, bombarde l’Angleterre avec ses missiles V-2 chargés de gaz mortel. Dérapage ? Mauvais calcul ? Erreur d’appréciation ? ou au contraire, volonté délibérée d’anéantir le monde? La pandémie éclate… et voilà que 97 % de la population mondiale est exterminée d’une manière horrible et violente : la peste écarlate, une espèce d’implosion du corps humain où le sang bouillonnant est expulsé se mélant à la souffrance et à l’agonie des personnes atteintes.

Seuls, par miracle, sont épargnés les heureux bénéficiaires du groupe sanguin AB négatif. Dès lors commence une course éperdue entre ces derniers et ceux, condamnés en sursis, dont le seul but désormais est de survivre en poursuivant les AB négatifs pour voler leur sang à l’aide d’une ultime transfusion qu’ils croient salutaires, mais en vain…

Un excellent roman fantastique pour les amateurs du genre avec une approche quasiment visionnaire. Un savant mélange où l’auteur joue avec le passé pour la vraisemblance historique et la véracité du récit, le présent pour la pertinence imaginative et le futur pour le propos dont la réalité nous fait froid dans le dos.

La remarquable traduction de Thierry Arson permet de profiter pleinement du talent de l’auteur en restant fidèle à son esprit grâce au style et à la richesse du vocabulaire.

Ce roman à mi-chemin entre la réalité et la fiction nous plonge sans garde-fou au centre d’une préoccupation bien présente aujourd’hui, une réalité incontournable : la menace atomique, chimique, bactériologique ou autre atrocité du genre. Allons-nous franchir le Rubicon, jouer les apprentis-sorciers ou encore ouvrir la boîte de Pandore… Bonne question !

Que ceci, cependant, ne vous enlève pas l’envie de lire ce livre au contraire. Plongez-y à corps perdu.

Mais surtout gardez à l’esprit que seule la vigilance permet de faire face à l’imprévisible, à l’inacceptable, au déraisonnable et au définitif… C’est notre responsabilité collective d’aujourd’hui envers ceux qui seront là demain.

48
James Herbert
Traduction de Thierry Arson
370 pages - 2000
Libre Expression

© Thierry Valois
LivresPlus
Montréal, 2000