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QUEL AVENIR POUR LE CHRISTIANISME ?
À cette double question, le père René Latourelle tente de répondre dans un petit ouvrage publié aux éditions Guérin. Imprimées en très gros caractères, les cinquante-cinq pages très aérées de ce livre — presque un opuscule — qui s’adresse à un lectorat certes vaste, mais néanmoins motivé, se lisent facilement et avec intérêt. Officier de l’Ordre du Canada et grand officier de l’Ordre national du Québec, il a publié de nombreux ouvrages traduits pour la plupart en plusieurs langues. Ce jésuite, docteur en histoire et en théologie, a enseigné cette dernière pendant une trentaine d’années à l’Université grégorienne de Rome. Mais à son retour de Rome, le père René Latourelle n’a plus reconnu l’Église du Québec, son Église. Il est vrai que durant son absence de la Belle Province, un grand bouleversement avait eu lieu dans la société québécoise d’alors : la Révolution tranquille ! Voulant sortir du carcan qui l’oppressait, le Québec était brusquement entré en rébellion contre une Église dont le seul enseignement était à l’époque de multiplier les interdits dans une espèce de dictature religieuse frisant l’obsession et traquant le pénitent potentiel dans une véritable chasse aux sorcières. L’auteur n’hésite d’ailleurs pas à parler de véritable «dictature» des consciences ajoutant que cette Église dans laquelle beaucoup de chrétiens «suffoquaient» ne laissait que fort «peu de place pour l’écoute et le dialogue.» Du tout sacré, le Québec est donc passé au tout désacralisé ou presque, opérant ainsi un virage à 360o qui a vidé les églises en même temps que l’Église catholique s’effondrait. Pour le père Latourelle, la Révolution tranquille n’a fait que révéler au grand jour ce qui se passait réellement sur le terrain. Il pense néanmoins que l’Église peut encore être sauvée mais que pour ce faire, certaines conditions sine qua non doivent être remplies. Tout espoir n’est pas perdu, encore faut-il que l’Église elle-même se donne vraiment les moyens de s’en sortir. L’auteur lui donne dans cet ouvrage quelques pistes à ne pas négliger et parmi elles, l’indispensable recentrage de la religion autour du Christ. Espérons que les éminences en charge de son avenir prendront la peine de les lire et surtout d’écouter la voix de la sagesse dont il est fait preuve ici avec une certaine lucidité. Doit-on en conclure que le Catholicisme romain ancienne formule n’a plus beaucoup d’avenir et que ce dernier réside désormais dans le Christianisme réuni autour de l’Évangile? À vous d’en juger en lisant la position du père Latourelle sur cette question fondamentale. Quel
avenir pour le Christianisme ? ©
Axel Wolf |