L’HOMME QUI VOULAIT CHANGER LE MONDE

Justin a 8 ans lorsque son père, Jérémie Luckiny, un ancien champion du monde de boxe, catégorie poids lourds, le confie à un orphelinat parisien géré par l’Assistance Publique.  Justin veut devenir astrophysicien.  Devenu pupille de l’État au décès de son père, l’élève très brillant du Lycée Charlemagne s’avère bien vite être un enfant surdoué qui changera trois fois de niveau au cours de l’année scolaire, effectuant ainsi son cycle secondaire en seulement un an.  Il n’a que 9 ans lorsqu’il entre en terminale.  Il grandit entouré de l’affection et du soutien inconditionnel de sa famille d’accueil, Jeanne et Robert de Rouvray. 

Robert de Rouvray est le directeur de l’Académie des techniques, des mathématiques et des sciences (ATMS), un institut de très haut niveau dont les pensionnaires destinés aux grandes écoles, sont triés sur le volet avec le plus grand soin.  Justin en deviendra le plus jeune étudiant, mais aussi le plus talentueux.  Entouré de microscopes et de télescopes, il dévore tous les ouvrages scientifiques et tous les traités de parapsychologie qui lui tombent sous la main.  À 10 ans, son maître à penser est nul autre que le digne successeur de Newton, le Britannique Stephen Hawking. 

Sa thèse de doctorat sur l’exobiologie vaut à Justin le prix Nobel et ses théories sur l’au-delà et ses mystères passionnent la communauté scientifique internationale, mais aussi le monde entier… pour ne pas dire même toutes les galaxies y compris les plus lointaines ! 

En fait, tout n’est pas aussi clair qu’il y paraît dans la vie du désormais célèbre Professeur Justin Luckiny, brillant astrophysicien, mais aussi grand humaniste.  Que veulent dire ces larmes bleues phosphorescentes qui coulent de ses yeux depuis sa naissance ?  Que signifie ce chat qui le suit depuis sa plus tendre enfance et qui semble n’avoir d’autre but que de le protéger et de veiller sur lui.  Qui veut le protéger ainsi et de quoi ?  Arrivera-t-il à sauver notre planète lors de la prise d’otages des chefs d’État au siège de l’ONU ?  Cette prise d’otages suscitera par ailleurs bien des interrogations scientifiques, car des phénomènes atmosphériques inexplicables semblent avoir entraîné la disparition, ou plutôt l’aspiration pure et simple des dirigeants de ce monde dès leur approche de l’édifice abritant le siège de l’ONU.  Un édifice qui lui aussi, ce jour-là, semble être devenu invisible aux yeux de la foule et des journalistes qui se pressent sur l’esplanade cherchant en vain des réponses à leur angoisse grandissante face à ces phénomènes inexpliqués et difficilement explicables pour le commun des mortels.  Mais, au fait, le Professeur Luckiny que l’on dit pourtant présent au siège de l’ONU et que l’on présente même comme l’interlocuteur privilégié des preneurs d’otages, les représentants du Conseil des Galaxies de l’Univers, n’a­t­il pas été mystérieusement assassiné à Paris il y a quelque temps déjà et enterré en Haute Galilée entouré de sa famille et des grands de ce monde ? 

Je n’ai eu qu’un seul regret en refermant ce livre, celui de l’avoir ouvert à reculons.  Au premier coup d’œil, la couverture m’avait rebutée : je la trouvais peu engageante, triste même, enfin tout sauf attrayante.  Le titre lui-même, L’homme qui voulait changer le monde, me faisait craindre le pire. Enfin, au dos du livre, la photo de l’auteur montrait quelqu’un d’apparence taciturne, au regard et au visage empreints d’une grande tristesse. 

Je dois avouer aujourd’hui que j’avais tort… grandement tort, car j’ai vraiment adoré ce roman qui est tout sauf ennuyeux.  L’écriture de Raphaël A. Lévy est fluide et dynamique.  L’intrigue qu’il nous propose est bien ficelée.  En outre, je vous rassure, il ne faut absolument pas être un passionné des sciences pour l’apprécier à sa juste valeur, car les sciences ne sont ici qu’un prétexte.  En fait, mystère, science-fiction et aventure se mêlent à une trame très humaine. 

La vie pleine d’imprévus de Justin Luckiny défile sous les yeux du lecteur comme le parfait scénario d’un excellent film mélange de thriller et de science-fiction.  Le tout est magistralement orchestré par l’auteur qui nous tient en haleine d’un bout à l’autre de son roman.  Au final, c’est donc une histoire passionnante et pleine de rebondissements inattendus qui nous est offerte : une histoire où le surnaturel et le fantastique ne sont jamais très loin de l’humain et du romanesque.  L’homme qui voulait changer le monde est tiré de l’un des scénarios de l’auteur, c’est le premier roman de Raphaël A. Lévy à être publié et gageons – pour notre plus grand plaisir ‑ que ce ne sera pas le dernier. 

L’homme qui voulait changer le monde est l’un de mes romans préférés de la rentrée littéraire automnale 2005.  Raphaël A. Lévy peut désormais sourire : son roman séduira à n’en pas douter, un grand nombre de lecteurs tout comme il m’a séduite. 

©  Alexandra S. Holstein
©  LivresPlus
www.livresplus.com

L’homme qui voulait changer le monde
Raphaël A. Lévy
Roman
341 pages — 2005
Lanctôt éditeur